À l'image de W.O. Note 83% Par Mathieu St-Pierre mercredi, 03 août 2011 Esthétique (92%) Accessoires (88%) Espace et accès (80%) Confort (92%) Performance (75%) Dynamique de conduite (77%) Sécurité (80%) Appréciation générale (90%) Bentley. Répétez : Bentley. Un mot plutôt simple, pas trop facile à prononcer, mais qui exerce une profonde influence. Le 20e siècle a vu la montée et le déclin de nombreux magnats de l'automobile, et Walter Owen Bentley aura été un des plus vénérés. Son héritage n'a jamais été aussi notable et fidèle qu'aujourd'hui. Les bateaux ont la cote. La Bentley Mulsanne 2012 mesure 5,6 mètres, et ça paraît. Le conducteur doit lui consacrer toute son attention. Je décris dans mon blogue ma brève escapade au volant d'une Continental Supersports, n'ayant jamais été un inconditionnel de la marque, uniquement un admirateur occasionnel d'une Arnage ou Turbo R passant majestueusement sur la rue, sans plus. Or, comme je l'ai mentionné, tout a basculé. Suite à mon essai de la Mulsanne et des Continental SS et GT, la curiosité m'a poussé à en savoir plus sur l'homme qui a fondé la marque en 1919. De brèves lectures m'ont fait découvrir une personne déterminée à obtenir le meilleur de l'automobile à l'époque et de l'offrir aux rares privilégiés. Sa vie est captivante. Il a commencé par les locomotives, s'est ensuite tourné à l'aéronautique pour finalement fonder Bentley Motors Limited. Sa carrière l'a mené chez Rolls-Royce, Lagonda et, plus tard, Aston Martin. Une histoire fascinante, tout comme celle de ses voitures de route et de course. Je conseillerais à toute personne intriguée par le domaine automobile d'en apprendre plus sur cet homme et son oeuvre. Moi, je continuerai mes lectures! Vous pourrez ainsi mieux comprendre la Mulsanne, la crème de la crème de Bentley en ce moment. La Mulsanne est fidèle à tout ce que son nom évoque. Comme le mot Bentley, il s'agit d'un terme relativement simple composé de deux syllabes, mais quand on les prononce correctement, elles rappellent l'élégance et la cherté. Voilà qui décrit parfaitement la Mulsanne. Et encore. Mais ça, vous l'aviez déjà deviné simplement en apercevant la voiture. Massive, présomptueuse, majestueuse... une vraie merveille, quoi. Cette voiture ne s'excuse aucunement pour sa nature. Tout le contraire, en fait. Elle se pavane dans un des capots les plus longs que j'ai jamais eu l'occasion de piloter à l'extérieur d'un canal. Ce capot sert de stationnement privé pour le prodigieux V8 biturbo de 6,75 litres. Contrairement au reste de la voiture, il se fait plutôt discret même s'il déploie 505 ch et 752 pi-lb de couple. Il faut du muscle en titi pour faire tourner les saisissantes jantes de 21 pouces! Croyez-moi, chaque pied-livre de couple compte pour contrer les presque 2 585 kilos de la bête. Ce yacht terrestre atteint 100 km/h en 5 secondes et des poussières, en route vers une vitesse de pointe de 296 km/h... mais on ne s'en rendrait jamais compte. Et la boîte de vitesses automatique à 8 rapports? Quelle boîte de vitesses? Une cylindrée de 6,75 litres suffit, à l'aide d'un turbocompresseur, pour déployer 505 ch. Un moteur ô combien suave, soit dit en passant. ( On ne se demandera vraiment pas pourquoi Sa Majesté choisit de déambuler à Londres dans une Bentley. La Mulsanne offre une expérience princière. Il n'y a pas d'autres façons de dire les choses. Elle propose le contrôle de la dynamique de conduite, qui consiste en quatre modes sélectionnables pour le contrôle continu de l'amortissement et la servodirection : Bentley, Sport, Comfort et Custom. Tout est véritable : bois, cuir et luxe. Et, oui, ce sont des trônes que vous voyez là. Peu importe notre sélection, la nef Mulsanne flotte au-dessus du bitume dans un calme exemplaire. Même en mode Sport, la grosse Bentley préfère les gestes gracieux plutôt que brusques. Pour assurer notre tranquillité, toutes les vitres latérales sont à double épaisseur, isolant complètement l'habitacle contre la pollution acoustique ambiante. On fait l'expérience de la Mulsanne de deux façons. D'abord comme moi, en tant que conducteur. Détrompez-vous : le pilote n'a pas besoin d'avoir les muscles de l'incroyable Hulk. Chaque intervention ne nécessite qu'une pression délicate, à laquelle la Bentley répond avec une douceur exquise. Le volant est fermement relié aux roues avant, mais on ne ressent pas l'ombre d'une rudesse. Les pédales de frein et de gaz se dosent aisément, comme si on se baladait dans n'importe quelle Lexus de base. Il ne faut qu'un bon sens de son environnement. Même si on a affaire à une voiture toute puissante, il y a tout de même un important délai quand on écrase la pédale. Je ne parle pas du temps de réponse d'un turbo, mais du délai considérable quand on demande une accélération, surtout en manoeuvre de dépassement. C'est comme si le cerveau de la boîte de vitesse se disait « Attendez, qu'est-ce qui se passe? À fond la caisse? Euh, laissez-moi un instant... Ah, j'ai compris! » Là, la Mulsanne rétrograde, lève le nez et s'élance de tous ses 5,6 mètres. J'imagine qu'il s'agit d'une fonction destinée à assurer notre confort. Le confort des passagers arrière, évidemment, soit l'autre façon de faire l'expérience de la Mulsanne. Je ne sais pas par où commencer pour décrire les sensations qu'on éprouve sur la banquette. Ce que l'on voit, c'est ce que l'on obtient : des trônes magistralement douillets, électriques, drapés du cuir le plus fin, avec d'innombrables réglages et des fonctions de massage, de chauffage et d'aération. Un coup les fesses posées, on ne voudra plus jamais se relever. Si une troisième personne devait s'asseoir à l'arrière, l'accoudoir multifonction se relève, révélant une troisième place « compromise ». Ce qu'on manque en somnolant en arrière, par contre, c'est le cocktail étonnant de garnitures de bois, de cuirs et d'inox ainsi que l'unique assortiment de commandes. Les boutons noirs que vous voyez dans la galerie ne sont pas faits en plastique, mais en vitre transparente. Leur ressort est calibré à la perfection, et ils sont plus doux que de la soie. Tout est aussi réussi qu'il en a l'air. La longueur de la liste d'équipement étourdit. En effet, la Mulsanne redéfinit l'expression « tout le kit ». On parle d'un véritable fourre-tout! Et jetez un coup d'oeil sur la liste d'options et la palette de couleurs. Un seul mot me vient à l'esprit : malade. De l'arrière, la Bentley Mulsanne 2012 ressemble beaucoup aux Continental GT et Flying Spur. Ses feux arrière la trahissent. Au chapitre du prix, la Mulsanne n'est pas donnée, et on connaît le refrain : « S'il faut demander... » Mais puisque vous ne l'avez pas demandé, permettez-moi de vous éclairer. Le prix de base de la Mulsanne 2012 s'élève à 360 000 $, sans options, soit l'équivalent d'une hypothèque actuelle dans à peu près toute banlieue digne de ce nom. Walter serait fier. Merci à Decarie Motors, www.decarie.com, le gentil fournisseur de ces voitures de rêve.
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